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Table ronde lors de la journée « (Ré)introduction de grands herbivores & restauration des espaces naturels »

19 novembre
© Robert Hainard : Vaches et deux cerfs, Sta-Olalla Doñana, Espagne, 11 janvier 1966

 

Emmanuel Torquebiau, administrateur co-fondateur de notre association, participera à une table-ronde dans le cadre de la journée intitulée « (Ré)introduction de grands herbivores & restauration des espaces naturels » organisée par la Société d’Ethnozootechnie (SEZ) et l’Académie vétérinaire de France (AVF).

 

Pourquoi une journée sur la restauration des espaces naturels par les grands herbivores ?

Le constat du recul global de la biodiversité et de la dégradation de nombreux écosystèmes terrestres est largement partagé. Si la volonté de « corriger » certaines dérives ainsi que de « contenir » certains excès existe, les objectifs et les moyens pratiques d’action restent souvent à définir avant même de les mettre en œuvre. Cette journée s’inscrit dans cette vaste démarche.
De grands herbivores peuplaient autrefois les forêts européennes. Faut-il les y réintroduire lorsqu’ils en ont disparu ? Et si oui, comment ? Des tentatives ont lieu dans divers pays, notamment dans des pays densément peuplés comme les Pays-Bas.
Il y a encore quelques millénaires, les paysages dominants en Europe occidentale étaient bien différents de ceux d’aujourd’hui. Les forêts dites « naturelles » (terme recouvrant ici forêts de plaine, forêts inondables, forêts claires, clairières et lisières) couvraient une superficie nettement plus importante qu’aujourd’hui et abritaient une grande faune diversifiée.
Le cerf élaphe (Cervus elaphus), le plus grand ongulé indigène contemporain, cohabitait alors avec encore plus grand que lui, à savoir l’élan (Alces alces), l’aurochs (Bos primigenius), le bison d’Europe (Bison bonasus) et le tarpan (Equus ferus).

Les écosystèmes d’antan

La présence de ces grands herbivores avait certainement un impact sur la végétation avec laquelle ils avaient co-évolué pendant une si longue période, l’impact étant réciproque. Leur guilde
(ensemble d’espèces appartenant à un même groupe fonctionnel) se partageait alors les ressources forestières – dont celles des clairières, certaines espèces consommant préférentiellement les
herbacés, d’autres plutôt les bourgeons et les rameaux. On peut en déduire que la quasi-totalité des écosystèmes forestiers ouest-européens, encore présents aujourd’hui, ne peuvent pas être considérés comme « complets » sans ces grandes espèces (ou mégafaune). Pourrait-on envisager de reconstituer, au moins sur certaines parties de notre territoire, ces ensembles naturels avec
leur biodiversité originelle ? Plusieurs questions se posent immédiatement. L’aurochs et le tarpan ont été exterminés : les premiers ont disparu durant la première moitié du XVIIe siècle, les seconds autour du XVIIe siècle. Dans le cas du tarpan, des chevaux redevenus sauvages, au statut mal connu, ont peut-être survécu un peu plus tard.
Serait-il possible de (ré)introduire des formes domestiques qui en descendent, qui auraient des écologies et des éthologies proches de celles de leurs ancêtres et seraient par la même capables d’occuper les mêmes niches écologiques ? Depuis quelques décennies, différentes équipes de biologistes ont effectivement tenté de « recréer » des animaux ressemblant à ce que l’on sait de ces espèces disparues à partir de races bovines et équines rustiques peu spécialisés. Quant au bison et à l’élan, ils existent toujours plus à l’est ou au nord de l’hexagone, même si le bison a frôlé lui
aussi l’extinction au début du XXe siècle.

 

Programme et inscription : https://academie-veterinaire.fr/seances-publiques/seances-avf-2026.html

 

Détails

Organisateur

  • Société d’Ethnozootechnie (SEZ) et Académie vétérinaire de France (AVF)

Lieu

  • Musée de la Chasse et de la Nature
  • 62, rue des Archives
    Paris, 75003 France
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